Un certain discours de producteurs agricoles et de la presse s’est développé depuis 2000 sur les " salauds de GMS capitalistes ", qui font payer les promos aux fournisseurs, qui font des marges éhontées, en ne répercutant pas les marges arrière aux consommateurs. Cette analyse simpliste omettait de signaler que c’est la loi Galland qui avait provoqué la hausse des marges arrière, lesquelles ne sont pas répercutables au consommateur, toujours à cause de la loi Galland. La même analyse omettait aussi de préciser que pour l’essentiel, les marges arrière ne concernent que les marques, lesquelles perdaient des parts de marché au profit des MDD de plus en plus compétitives. Les grands industriels des marques sont restés dans l’ensemble assez discrets et divisés sur cette critique des marges arrière, car ils en ont probablement profité discrètement, en accumulant leur part de supplément de marge lorsqu’ils imposaient aux GMS un prix de vente consommateur un peu plus élevé. En 2003-2004, qui réclamait le plus une modification de la loi Galland? Leclerc, plus précisément M.E. Leclerc, pas Carrefour, Auchan ou Casino, ni les industriels. Pourquoi Leclerc, leader des indépendants associés? Pas de doute, c’est pour gagner des parts de marchés sur les trois grands centralisés, Carrefour, Auchan et Casino, en revenant à des promos plus violentes, ou des prix d’appel plus bas, et pour concurrencer le hard discount, lequel fait aussi souffrir tous les Leclerc. En 2005, lors de la discussion de la réforme Jacob-Dutreil, ni les autres enseignes de GMS, ni les industriels n’ont milité pour la suppression des marges arrière. Étrange non? Certains propriétaires de magasins Leclerc ont d’ailleurs maudit Michel Édouard pour ses initiatives dérangeantes pour leurs rentes de situation.