La remise en cause de la prime d’activité par Gérald Darmanin, qui a fait grand bruit, ne serait pas une idée en l’air… Emmanuel Macron et Edouard Philippe essayeraient d’imposer à Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et la Santé, une grosse coupe dans son budget dans le cadre du projet CAP 2022. Le couple gouvernemental souhaiterait tout simplement économiser 7 milliards d’euros sur les aides sociales en deux ans, à partir du 1er janvier 2021, d’après le Canard Enchaîné daté du mercredi 6 juin. Une coupe refusée par la ministre… mais qui serait déjà actée depuis trois semaines et non négociable. Invitée par RTL ce mercredi matin, Agnès Buzyn a démenti les informations de l'hebdomadaire. "Personne ne m'a demandé de trouver 7 milliards d'euros", a-t-elle affirmé. "Je ne sais absolument pas d'où vient ce chiffre. Ça n'a jamais été envisagé". La ministre a aussi assuré qu'il n'était "pas question de faire des économies sur les personnes les plus en difficultés et les plus vulnérables". “En 2022, Macron sera aussi jugé sur les comptes publics”, a pourtant confié au Canard un des conseillers de Matignon. “Il faut qu’il puisse afficher alors un déficit budgétaire égal à zéro et une dette publique enfin maîtrisée”. Emmanuel Macron aurait donc envoyé ses ministres au front pour commencer à faire infuser l’idée d’un rabot sur le budget alloué aux aides sociales, à en croire l'hebdomadaire. C’est ainsi que Bruno Le Maire aurait lancé la polémique en déclarant le 20 mai dernier qu’il pouvait “être légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi”. De la même façon, Gérald Darmanin a affirmé quelques jours plus tard qu’il y avait “trop” d’aides sociales en France, tout en critiquant la prime d’activité. Il avait pourtant déclaré après la sortie de Bruno Le Maire qu’il ne fallait pas “toucher aux prestations sociales individuelles”... "Chacun parle pour son ministère, c'est normal que le ministre du Budget parle avec un prisme économique", a estimé Agnès Buzyn mercredi. Le Fonds monétaire international, dans son rapport annuel sur l’économie française publié ce lundi, estime d’ailleurs qu’Emmanuel Macron devrait “cibler” les prestations sociales sur “ceux qui en ont le plus besoin”. De quoi le conforter dans cette position… D’après le Canard Enchaîné, le Président aurait prévu de lancer en juillet un plan pour les plus défavorisés.